Quelques MIRZAN et CASTELLI « en religion » à Smyrne et dans l’Egée

Un répertoire des religieux levantins de Smyrne –REPERTORIO DEI RELIGIOSI E DELLE RELIGIOSE D`ORIGINE LEVANTINA ED ALTRI DI IZMIR- que m’a gracieusement communiqué M. Fabio Tito en 2012 (et je profite de l’occasion qui m’est offerte pour le remercier de nouveau), recense plusieurs Mirzan et Castelli qui étaient « en religion » à Smyrne et dans la région.

Les membres de ces deux familles figurant au répertoire sont les suivants (informations complétées par des références trouvées dans l’Annuaire Nalpas):

Pour les Mirzan :

  • dom Ernest Mirzan (Izmir, 1868 – 1940), abbé, professeur à l’école française, ancien étudiant du séminaire St. Louis à Constantinople.
  • dom Ottavio (Octave) Mirzan,  abbé, prêtre de la basilique Saint-Jean-l’Evangéliste de Smyrne, et auteur d’un ouvrage sur la vie de Saint-Polycarpe. Professeur de grec à l’école italienne. Ancien élève de la Propagande à Rome. (voir ma note complémentaire ci-après).
  • Jean P. Joseph Mirzan (Khochekachène, 1698 – Tokat). Selon cette source  «il allait et venait entre la Perse et Smyrne, Il est tombé malade sur la route, il fut enterré à Tokat ».
  • FR. Marc Antoine Mirzan, frère Marie-Polycarpe,  (Izmir, 1901 – Athènes, 1957), qui n’était pas frère des Écoles Chrétiennes (comme je le pensais) mais frère Mariste. Les smyrniotes se souviennent de l’Institut des Frères Maristes des Écoles, fondé en 1817 par Saint Marcellin Champagnat. Je remercie mes correspondants André Mirzan et Guido Buldrini pour avoir apporté cette clarification. Andre Mirzan ajoute que frère Polycarpe avait effectué son noviciat à San Mauritzio (Turin).
  • Marie-Catherine Mirzan, dite « Sœur Thérèse» (Izmir, 1862 – 1956), religieuse, Supérieure des Filles de la Charité (Figlie della Carità) à Syra ou Syros (voir ma note complémentaire plus bas).
  • Marie Mirzan et Madeleine Mirzan, qui ont aussi servi au sein des Filles de la Charité.

 

Pour les Castelli

  • P. Domenico Castelli, Supérieur des Dominicains de Smyrne en 1837. Il fut consacré Archevêque de Naxos en 1844.
  • Leslie Maurice Castelli (° 1902), prêtre.
  • Mons. Giovanni Vincenzo Castelli O. P. (Chios, 1661 – Urbania, 1736), Il fut ordonné Archevêque du Nakhitchevan en 1709.
  • Mons. Michele Castelli (° 1824), natif de Smyrne. Curé de la paroisse de la cathédrale de Smyrne en 1875, il a été nommé Archevêque de Tinos en 1879.
  • Stefano Castelli (° 1805), prêtre né à Chios, il était à Izmir en 1841.

 

Commentaires et informations complémentaires :

1/ J’ai noté avec intérêt que Giovanni Vincenzo Castelli fut ordonné Archevêque du Nakhitchevan au début du 18ème siècle. Or le Nakhitchevan (région sous domination perse à l’époque et qui se trouve actuellement en Azerbaidjan) est la terre d’origine des familles Mirzan, Balladur, et Issaverdens, notamment. On aurait pu par conséquent supposer que les liens de nos familles persanes avec la famille Castelli se soient noués (ou développés) à travers Mons. Giovanni V. Castelli à une époque qui précède l’exode des arméno-persans du Nakhitchevan. Il me semble toutefois que Monseigneur Castelli n’aurait jamais pris ses fonctions dans le Nakhitchevan, point qui reste à vérifier.

2/ Je dispose d’informations complémentaires sur sur deux des membres de la famille Mirzan figurant dans le répertoire des religieux levantins de Smyrne: dom Ottavio Mirzan et Sœur Thérèse.

 

don Ottavio Mirzan :

Le répertoire des religieux levantins de Smyrne, dont je possède une copie, est rédigé en italien. En fait, ce parent était connu sous le prénom Octave.  J’ai trouvé à la BNF une copie de son ouvrage majeur, celui pour lequel il est connu et qui est consacré au saint patron de Smyrne. L’ouvrage, rédigé en français, s’intitule très précisément « Vie de Saint Polycarpe, l’Ange de l’église de Smyrne et l’Apôtre des Gaules ». Il est signé « Abbé Octave Mirzan, prêtre de la Basilique de Saint Jean L’Evangéliste de Smyrne ». Il fut publié à Poitiers en 1893 par l’Imprimerie Blais Roy & Cie.

Deux informations additionnelles trouvées dans cet ouvrage me paraissent dignes d’être mentionnées :

D’abord, dom Octave a inclus la dédicace suivante : « A la belle âme de mon père, Zacharie Mirzan, Hommage d’amour filial ». Ce faisant Octave nous donne un joli « coup de pouce » pour le situer dans l’arbre Mirzan.  Je pense qu’il s’agit de l’Octave Mirzan qui figure ainsi dans mon arbre, avec son tableau d’ascendance:

capture-octave-mirzan

 

Dans son livre sur Saint Polycarpe, j’ai également relevé une « Lettre d’Approbation » à la publication de l’ouvrage signée par Monseigneur André  P. Timoni, Archevèque de Smyrne. Je ne peux résister au plaisir de vous faire lecture de cette lettre émanant d’un membre d’une ancienne et éminente famille levantine de Smyrne, les Timoni :

« Monsieur l’Abbé

C’est avec un réel plaisir que Nous approuvons l’impression de la Vie de Saint Polycarpe, notre glorieux Patron. C’est une pensée délicate qui vous l’a inspirée.

Nous sommes certain qu’elle est appelée à faire du bien à notre société de Smyrne, – au lieu de toutes ces productions futiles, si souvent pleines de danger.

Nous faisons des vœux pour qu’elle obtienne tout le succès qu’elle mérite. Agréez Monsieur l’Abbé, l’assurance de nos sentiments les plus dévoués.

Smyrne, le 3 décembre de l’an 1892,

André  P. Timoni

Archevèque de Smyrne, vic. ap. »

 

Sœur Thérèse, née Marie-Catherine Mirzan :

Son comportement héroïque à Syros (Syra) lui a valu une décoration du ministère français des Affaires Etrangères. J’ai trouvé dans les archives de la BNF une copie du journal La Croix qui relate cette distinction. Dans cet article intitulé « Dans la Mer Egée », et qui est daté « Syra, mars 1916 », le journaliste, M. Denis, relate une campagne de la marine française dans les Dardanelles. Une escadrille de dragueurs de mines était en opération pour récupérer ou détruire des mines marines dans les détroits sous le feu nourri des troupes turques. Après l’opération, l’escadrille a ensuite rejoint le port d’attache de Syra (Syros) où les nombreux blessés furent soignés à l’hôpital français dirigé par les sœurs de Saint Vincent. Malgré la faiblesse des moyens humains et matériels, les religieuses ont soigné les marins français avec un dévouement et une énergie qui ont été remarqués par les autorités françaises. Voici le passage de l’article qui fait état du comportement de Sœur Thérèse et de la distinction qui lui a été décernée par le ministre des affaires étrangères.

Article sur Soeur Therese

 

Une photographie de Sœur Thérèse m’a été envoyée par l’un de mes correspondants, M. André Mirzan, de Bruxelles, descendant comme moi de la famille Mirzan de Smyrne et que je remercie pour sa contribution. Sœur Thérèse se trouve au centre de la photo. Autour d’elle, on reconnait deux autres membres de la famille Mirzan: sur sa gauche Marc Antoine Mirzan (Frère Marie Polycarpe), oncle de Jean Ozmirza  et neveu de Soeur Thérèse, et sur sa droite Anne-Marie Mirzan-Missir

Soeur Therese Mirzan

Photo: Collection André Mirzan

Et ci-dessous une autre photographie de Fr. Marie Polycarpe que m’a communiquée Guido Buldrini.

 

Fr. Marc Mirzan, Collection Guido Buldrini
Fr. Marc Mirzan, Collection Guido Buldrini

Deux autres Filles de la Charité: Marie Mirzan et Madeleine Mirzan

Marie-Thérèse Lison, épouse Mirzan, m’a communiqué des informations sur deux autres jeunes filles Mirzan de Smyrne ayant servi au sein des Filles de la Charité:

Marie Mirzan, qui est la fille de François Mirzan et d’Euphrosie Siluh. Née à Smyrne le 1er janvier 1867; entrée chez les Filles de la Charité le 29/10/1893; postulat à Constantinople; et arrivée à Syra le 03/04/1895 (3 ans après Soeur Thérèse), Marie Mirzan est décédée à Syra le 18/02/1950 (soit 6 ans avant Soeur Thérèse). Ces informations ont été transmises à Marie-Thérèse Lison-Mirzan par Soeur Lucie, actuelle Supérieure des Filles de la Charité à Syros. Remercions les toutes les deux.

Mme Lison me signale egalement une information sur Madeleine Mirzan contenue dans le dernier ouvrage de Rinaldo Marmara: Les Levantins de Smyrne -19ème siècle-Environnement communautaire et religieux.L’auteur relate dans son chapître sur les Filles de la Charité que l’implantation des Filles de la Charité en Turquie (Constantinople et Smyrne) s’est faite en décembre 1839 et que les deux premières postulantes smyrniotes à partir pour Paris étaient Mesdemoiselles Annette Barry et Madeleine Mirzan. Elles quittèrent Smyrne le 10/11/1838 pour arriver à Paris vers les fêtes de Noël. « Dès l’année suivante elles furent toutes deux jugées dignes de revêtir le saint habit ». Quittant Paris en novembre 1839, elles arrivèrent à Smyrne le 4 décembre 1839.

Selon les Archives des Lazaristes,Saint Benoît, Istanbul Mémoires de la mission du Sacré Coeur à Smyrne,v I,p 249:  » Il y avait presque de l’héroïsme chez ces jeunes filles , si l’on se reporte aux moeurs de l’époque, à s’en aller ainsi, comme en pays inconnu, en particulier pour Mademoiselle Mirzan, qui, ne parlant que le grec pouvait craindre de se trouver en France très embarrassée ».

Xavier Forneris Mirzan (Copyright 2016-2017).

 

 

6 réponses à “Quelques MIRZAN et CASTELLI « en religion » à Smyrne et dans l’Egée

  1. Fr. Marc Antoine Mirzan, en religion Marie-Polycarpe (Izmir, 1901 – Athènes, 1957), n’était pas frère des Écoles Chrétiennes mais frère Mariste des Écoles. J’ai sa « lettre mortuaire » et aussi un couple de photos.

  2. Cher Xavier

    J’ai connaissance d’une autre Mirzan devenue soeur des Filles de la Charité et qui a travaillé avec soeur Thérèse. Ses coordonnées m’ont été transmises par Soeur Lucie, actuelle Supérieure des Filles de la Charité à SYROS.
    Il s’agit de MARIE MIRZAN fille de François MIRZAN et d’ Euphrosie SILUH, née à Smyrne Le 1er janvier 1867. Entrée chez les Filles de la Charité le 29/10/1893- Postulat à Constantinople. Arrivée à Syra le 3/04/1895 ( 3 ans après Soeur Thérèse) et décédée à Syra le 18/02/1950 ( 6 ans avant Soeur Thérèse).

    1. Chere Therese, merci de continuer a me fournir de telles informations. Je vous felicite d’avoir etabli le contact avec les Filles de la Charite a Syros. Au moins deux Mirzan de Smyrne ainsi servi en leur sein. A bientot et avec tous mes voeux de nouvelle annee.

  3. Cher Xavier
    Merci pour ces ajouts.

    Notre « collection de Mirzan en religion » s’agrandit encore par une découverte faite en lisant le dernier ouvrage de Rinaldo Marmara: Les Levantins de Smyrne -19ème siècle-
    Environnement communautaire et religieux.

    Il relate dans son chapître sur les Filles de la Charité que l’implantation des Filles de la Charité en Turquie (Constantinople et Smyrne) s’est faite en décembre 1839 et que les deux premières postulantes smyrniotes à partir pour Paris étaient Mesdemoiselles Annette Barry et Madeleine Mirzan.

    Elles quittèrent Smyrne le 10/11/1838 pour arriver à Paris vers les fêtes de Noël.

    « Dès l’année suivante elles furent toutes deux jugées dignes de revêtir le saint habit »

    Le départ de Paris eut lieu le 14/11/1839; elles arrivèrent à Smyrne le 4 décembre 1839.

    Selon les Archives des Lazaristes,Saint Benoît, Istanbul Mémoires de la mission du Sacré Coeur à Smyrne,v I,p 249:  » Il y avait presque de l’héroïsme chez ces jeunes filles , si l’on se reporte aux moeurs de l’époque, à s’en aller ainsi, comme en pays inconnu, en particulier pour Mademoiselle Mirzan, qui, ne parlant que le grec pouvait craindre de se trouver en France très embarrassée ».

    Selon les Archives des Filles de la Charité, Paris; Soeur Braun  » Historique des Maisons de la Compagnie des Filles de la Charité dans les Provinces de nos Missions Etrangères » t.1,1883, p:137:  » Le 4 décembre, à 8 heures du matin, elles y étaient attendues depuis trois jours par M.Daviers,digne supérieur. Grand fut l’empressement des smyrniotes pour voir les Soeurs, il n’eut d’égal que leur étonnement à la vue du costume,il leur parut si singulier qu’ils le déclarèrent magnifique pour le carnaval »

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